Lutte contre le frelon asiatique à pattes jaunes : comment agir et protéger la biodiversité ?

Classé espèce exotique envahissante depuis 2018, le frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina) poursuit actuellement son expansion sur l’ensemble du territoire français. Ce prédateur s’attaque à de nombreux insectes, notamment les abeilles domestiques, et peut fragiliser la biodiversité et l’apiculture locale. Un plan national de lutte, piloté par GDS France et FREDON France, a été mis en place afin de maîtriser son impact sur les ruchers, l’environnement et la santé humaine.

Comment reconnaître le frelon asiatique ?

Le frelon asiatique est majoritairement noir, avec une large bande orange vif en bout d’abdomen, et des pattes jaunes claires, d’où son nom. Il ne doit pas être confondu avec d’autres insectes proches, comme la scolie des jardins ou le frelon européen, dont le corps est plus roux et jaune.

Où se trouve-t-il ?

Le frelon asiatique s’adapte facilement à différents environnements. Il colonise :

  • les zones urbaines et périurbaines,
  • les jardins,
  • les zones boisées et agricoles,
  • les abords d’axes routiers et cours d’eau qui favorisent sa diffusion Fiche_technique_Frelon à pates….

Au printemps, les premiers nids (de la taille d’une balle de ping-pong) se situent souvent dans des cavités, à hauteur d’homme. En été et à l’automne, les colonies peuvent construire des nids volumineux, généralement en hauteur, dans les arbres.

Quels sont les risques ?

Selon le Muséum National d’Histoire Naturelle, le frelon asiatique n’est pas agressif lorsqu’il n’est pas dérangé. La piqûre peut toutefois être douloureuse et dangereuse pour les personnes allergiques.

En revanche, son impact sur la biodiversité est notable :

  • un seul nid consomme jusqu’à 11,32 kg de biomasse d’insectes par saison ;
  • il affaiblit les colonies d’abeilles domestiques, parfois jusqu’à la perte de ruchers ;
  • il perturbe la pollinisation en s’attaquant aussi à d’autres pollinisateurs.

Que faire si vous observez un frelon ou un nid ?

Toute observation pouvant mettre en danger le public ou se situant à proximité d’un rucher doit être signalée rapidement.
Voici les bonnes pratiques à respecter :

Signalez la présence d’un frelon ou d’un nid à votre mairie ou communauté de communes.
N’intervenez jamais vous-même : la destruction doit être réalisée par des professionnels formés.
N’approchez pas un nid si vous l’avez localisé.
Ne pénétrez pas sur une propriété privée pour l’observer (interdiction formelle)

Comment lutter efficacement ?

Le plan national de lutte contre le frelon asiatique s’appuie sur trois actions complémentaires, mises en œuvre en fonction de la présence de frelons dans une zone donnée.

1. Détection et destruction des nids
La première étape consiste à repérer les nids au plus tôt afin de limiter leur développement. La destruction doit impérativement être réalisée par des professionnels formés, capables d’identifier l’espèce pour éviter toute confusion avec d’autres insectes. En cas d’observation d’un nid, notamment à proximité d’un rucher ou dans un lieu fréquenté par le public, il est essentiel de le signaler rapidement aux autorités compétentes. Ne jamais intervenir soi-même, ni tenter de détruire un nid.

2. Piégeage de printemps
Dans les zones où les frelons sont fortement présents, il est possible de réduire leur propagation en piégeant les femelles fondatrices au début du printemps, avant qu’elles ne créent de nouvelles colonies. Ce piégeage doit rester encadré : il s’effectue uniquement pendant une durée limitée, ne dépassant pas huit semaines, avec des pièges sélectifs adaptés. L’appât doit être renouvelé régulièrement pour garantir son efficacité. L’objectif est de limiter les colonies futures tout en préservant les autres insectes.

3. Protection des ruchers
Pour limiter l’impact sur les abeilles, il est recommandé de protéger les ruches lors des périodes où les frelons sont les plus actifs, notamment en fin d’été et en automne. Plusieurs dispositifs peuvent être utilisés : muselières installées à l’entrée des ruches, harpes électriques ou pièges sélectifs. Ces protections permettent de réduire le stress des colonies, de préserver leur activité et donc la production de miel.

Il est vivement déconseillé d’utiliser des pièges non sélectifs, comme les pièges bouteilles souvent fabriqués maison. Ils capturent de nombreux autres insectes utiles et sont peu efficaces contre le frelon asiatique, avec un impact négatif sur la biodiversité

  • Vos services au quotidien
  • Étudier et travailler
  • Que faire à Maubeuge ?
  • Notre ville, nos actions

Recherche